Avec l’annonce de la liaison Gayet-Hollande, Closer s’assure une promotion exceptionnelle

En révélant la liaison Hollande-Gayet, Closer fait preuve d’un grand sens de l’auto-promotion. Maîtrise du meilleur calendrier pour créer le plus vaste buzz, de la mécanique d’amplification des médias traditionnels, de la viralisation portée par les réseaux sociaux. Une opération de communication quasi-parfaite ?

Carton Plein pour Closer

Mise à jour le 13/02 – Résultat de l’opération Gayet-Hollabde : +50%  des ventes en kiosque par rapport au tirage habituel : environ 600 000 vendus contre 330 000 en temps normal. Sur internet, le site Closer a enregistré 1,4 million de visites vendredi . + 800% par rapport à sa fréquentation habituelle. Les ventes numériques ont également été multipliées par huit sur le kiosque numérique lekiosk.com.

Trop beau pour être un hasard. Pourquoi sortir l’information maintenant ? De nombreux journalistes affirment que cette liaison dure depuis près d’un an.

L’opportunité des photos ? Impossible de dire sans montrer. Dire, sans preuve, lorsqu’il s’agit de d’affaires privées est complexe pour la presse. La qualification de diffamation, le risque de condamnation pour atteinte à la vie privée, ne sont jamais loin.

Des images qui ne disent rien

Montrer, c’est autre chose. Un baiser, un geste sans équivoque. Montrer, c’est étayer et illustrer. Mais en l’occurrence, que montre Closer ? Outre un montage grossier en Une, des cli

Liaison Hollande Gayet

chés lointains de deux hommes casqués. On a connu des images plus évocatrices.

Les photos ont été prises entre le 31 décembre et le 2 janvier. Trop juste en termes de délai de bouclage et de fabrication pour sortir la semaine dernière. En revanche, Closer a déployé des moyens qui démontrent son intention de dévoiler la liaison et de publier des clichés.

Pourquoi ne pas avoir prolongé le dispositif de surveillance et attendu de meilleures photos ? Aucun autre support n’a semblé être entré dans la course pour sortir cette histoire. Closer avait le temps.

La caisse de résonance de la conférence de presse

La proximité de la conférence de presse de François Hollande mardi semble être une excellente opportunité de communication. Publier l’info ce vendredi était le meilleur moyen pour qu’elle vive au minimum jusqu’à mardi.

L’annonce de la liaison suscite à elle seule un intérêt nouveau pour cette prise de parole . Ne serait-ce que pour voir comment le président va s’en sortir. Bref, Closer a créé l’actualité et contraint l’ensemble des médias à le suivre pendant au moins 5 jours. Un bon coup pour la notoriété du magazine.

Utilisation des réseaux sociaux

Par ailleurs, c’est sur Twitter à 23h jeudi soir que Closer a annoncé la publication de de l’histoire. Parfait, pour passer sous le radar des médias traditionnels. Idéal, en revanche, pour commencer à générer du trafic, sur les réseau sociaux, Twitter notamment, plus libre, confidentiel.

Vigigloble qui analyse les tendances sur Twitter a compté 6 000 tweets dans la nuit sur le sujet. Suffisant pour que les éditions électroniques des médias traditionnels publient leurs premiers sujets à l’aube.

Coup de chance pour Closer, si les médias traditionnels se sont montrés très discrets sur la révélation du magazine, François Hollande lui a donné un sacré coup de main. En publiant à 7h30, son communiqué sur le respect de la vie privée, le président a levé un verrou. Avec cette allusion officielle, les matinales radio ont eu une histoire à raconté. Celle du chef de l’Etat qui réagit à la publication d’un magazine évoquant sa liaison secrète.

Closer Homepage

Eux qui n’avait pas osé relayer la rumeur ont bénéficié d’un prétexte pour exploiter un autre angle pour l’évoquer. Tout bénéfice pour Closer qui a trouvé avec les matinales radio, télé ainsi que les humoristes, Gerra sur RTL et Canteloup sur Europe 1, de puissants relais assurant la suite de sa promo.

Plus fort encore, en fin d’après-midi ce vendredi, Closer annonce qu’il va retirer « probablement ce soir » de son site internet l’info sur la liaison. Un moyen éprouvé pour amplifier le bruit autour d’une information que d’annoncer une forme de censure ou d’auto-censure sous la pression d’une puissance adverse. L’échéance vague du retrait éventuel renforce l’impression d’une stratégie totalement maîtrisée. Bien sûr, l’info n’est pas supprimée.

Tout ça pour quel résultat ?

Plutôt bien vu pour maintenir le bruit autour de la démarche du magazine. Au débat sur le respect de la vie privée qui risque de tourner en boucle et de résonner dans les journaux tout le week-end, va s’ajouter celui sur la liberté de publier.

Que retenir de tout cela ? Certainement, qu’il s’agit d’un bon coup de promo pour Closer. Un excellent vecteur de notoriété. Est-ce positif pour autant ? La notoriété n’est qu’une donnée quantitative. Importante, certes. Mais pas décisive. Plus qualitative, l’image de marque fait la différence.

Qu’apporte la publication de mauvaises photos et du bruit qu’elle génère à Closer en termes d’image ? Peut-être un résultat proportionnellement intéressant au sujet évoqué. Finalement, pas grand chose. Beaucoup de bruit. Pour trois fois rien.

Olivier Doussot