Le directeur d'un CHU qui parle à la presse après un incident grave n'est pas dans la même situation qu'un PDG de groupe privé qui communique sur ses résultats. L'élu régional interpellé sur une décision de politique publique n'a pas les mêmes marges de manœuvre qu'un directeur de communication d'entreprise. Pourtant, on les forme souvent de la même façon.

C'est une erreur. Le média training dans le secteur public obéit à des règles spécifiques — et les méconnaître peut transformer une prise de parole bien intentionnée en crise institutionnelle.

La contrainte de la parole publique

Dans le secteur privé, un dirigeant parle au nom de son organisation. Dans le secteur public, un directeur ou un élu parle au nom de l'État, d'une institution ou d'une collectivité — c'est-à-dire au nom de tous les citoyens. Cette nuance change fondamentalement la nature de la prise de parole.

Elle implique notamment :

  • Une obligation de neutralité sur les sujets politiquement sensibles, y compris pour des directeurs qui ne sont pas des élus mais des fonctionnaires.
  • Des contraintes juridiques spécifiques : le secret de l'instruction, le secret médical, les obligations de confidentialité propres à certains corps (magistrature, police, santé publique).
  • Une exposition personnelle différente : un directeur d'agence sanitaire qui s'exprime mal engage l'agence, mais aussi potentiellement sa tutelle ministérielle.
  • Un contrôle hiérarchique et politique : dans la plupart des cas, la communication d'un haut fonctionnaire ou d'un directeur d'établissement public est validée — ou au moins connue — à un échelon supérieur.

Les situations spécifiques au secteur public

La crise sanitaire et médico-sociale

Les directeurs de CHU, de centres hospitaliers et d'établissements médico-sociaux sont confrontés à des situations d'une extrême sensibilité : décès de patient, infection nosocomiale, incident critique, fermeture de service. Dans ces cas, la communication doit concilier trois impératifs souvent contradictoires : la transparence due aux familles et aux citoyens, la protection juridique de l'établissement, et la préservation de la réputation des équipes soignantes.

OmniGiBuS accompagne depuis plusieurs années des CHU et centres hospitaliers — Tours, Nantes, Saint-Nazaire, Lens — sur ces sujets. Ce que nous observons : les directeurs les plus exposés sont rarement les moins compétents. Ce sont souvent les plus transparents, qui ont le réflexe d'expliquer et de contextualiser — et qui ne savent pas comment le faire sans se fragiliser.

L'exposition des agences réglementaires

Les agences sanitaires (Santé Publique France, ANSM), les agences de l'environnement ou les autorités de régulation occupent une place particulière dans le paysage médiatique. Elles sont rarement sollicitées dans des contextes favorables : c'est souvent une alerte, une controverse ou une mise en cause qui les amène face aux médias.

Leurs porte-parole doivent maîtriser un exercice délicat : être pédagogues sur des sujets complexes, sans se substituer aux décideurs politiques, sans minimiser les risques réels, sans non plus alimenter une anxiété disproportionnée. C'est un équilibre qui ne s'improvise pas.

Les directeurs de services déconcentrés de l'État

Préfets, directeurs de DREAL, de DDT, de directions régionales — ces cadres supérieurs sont exposés à des sujets souvent techniques (environnement, aménagement, urbanisme, risques industriels) et doivent les rendre accessibles à une presse qui n'a pas les mêmes bases. Ils doivent aussi naviguer entre leur devoir d'information du public et les lignes politiques fixées par leur ministère de tutelle.

OmniGiBuS est actuellement prestataire de marchés publics de média training pour le Ministère de l'Aménagement du territoire et de la Transition énergétique, ainsi que pour le CEREMA. Ces marchés reflètent une prise de conscience croissante : la formation à la communication médiatique n'est plus réservée aux grandes directions de communication. Elle concerne désormais les cadres de terrain exposés à la presse locale et régionale.

Ce qui change dans la formation

Une formation média training pour des cadres du secteur public doit impérativement intégrer :

  • Les contraintes juridiques propres au secteur. Savoir ce qu'on peut dire et ce qu'on ne peut pas dire n'est pas optionnel — c'est le cadre dans lequel la formation se déroule.
  • Des mises en situation réalistes. Pas des exemples génériques : des scénarios construits sur les sujets réels du participant — incident hospitalier, alerte environnementale, décision administrative contestée.
  • La gestion de la question politique. Comment répondre à une question qui glisse vers le politique sans fuir, sans empiéter sur des compétences qui ne sont pas les siennes ?
  • La presse locale et régionale. Dans le secteur public territorial, c'est souvent Ouest-France ou Le Progrès que vous rencontrez, pas Le Monde. Les logiques sont différentes, la proximité avec les élus locaux crée des dynamiques spécifiques.

La spécificité du niveau Codir et Direction

OmniGiBuS forme systématiquement les participants au niveau qui leur correspond. Un directeur de CHU n'a pas les mêmes besoins qu'un cadre de direction : il prend la parole dans des contextes médiatiquement plus exposés, sur des sujets plus sensibles, avec une responsabilité institutionnelle plus lourde.

La formation s'adapte à ce profil : les mises en situation sont plus exigeantes, les questions plus dures, les debriefings plus précis. L'objectif n'est pas d'apprendre à "bien s'en tirer" — c'est de construire une posture de porte-parole qui soit à la fois crédible, humaine et institutionnellement solide.

Découvrir la formation média training OmniGiBuS
Voir nos références secteur public et hospitalier
Nous contacter pour un devis ou un marché public